Frederic Berthier Architecture

1er PRIX DU CONCOURS INTERNATIONAL D’ARCHITECTURE DE LILLE 2004

Jury : Massimiliano FUKSAS, Xaveer de GEYTER, Andrea BASSI,
Francois CHASLIN, Christian KIECKENS, Ian TAYLOR

Le projet se situe sur l’avenue de l’hippodrome. C'est précisément cette avenue qui, au début du siècle, fera du quartier le lieu privilégié des divertissements et qui favorisera l'expression d'une remarquable créativité architecturale. Les architectes de l'époque ont en effet laissé le témoignage d'un éclectisme flamboyant où se côtoient les styles les plus divers avec des villas très expressives, très ouvragées. La villa Saint Georges par exemple, comporte une tour porche faite de brique alternée de bandeaux de pierre et de brique jaune, dont le tympan est orné d'une mosaïque. La façade principale offre une grande diversité de formes de baies. Ou encore "La Pagode" qui s'inspire de l'architecture asiatique avec des couvertures à corne en tuile mécanique, une lanterne au-dessus de l'entrée à colonnettes.

Pour répondre à cette abondance d’ornement, j’ai voulu faire la villa la plus lisse possible : conserver la typologie des maisons de l’avenue de l’hippodrome (recul d’alignement, construction en brique, garage en rez-de-chaussée au dessus duquel se trouve le séjour. On accède à ce dernier par un escalier sur la façade sur rue), mais en réduisant l’ornement au minimum.

Ainsi la villa est quasi monolithique. La lumière entre majoritairement par la façade nord, entièrement de verre dépoli, ne laissant apparaître aucune menuiserie ni rien de l’architecture intérieure de la maison ; sauf le soir où, un peu à la manière de Gordon Matta-Clark, on devine la coupe de la maison, son fonctionnement.
La masse de brique des trois autres façades paraît reposer uniquement sur un socle de verre dépoli, celui-ci ne laissant là encore, rien voir de la structure. La brique servant de socle pour les maisons alentour, est ici en lévitation.

A l’intérieure, j’ai essayé de rendre les espaces le plus fluide possible, regrouper les services, trouver des éléments fédérateurs, définir le moins possible l’espace de vie : m’en tenir aux permanences récurrentes en laissant au cadre bâti toute possibilité d’évolution et à l’habitant toute liberté d’inventer son environnement quotidien. Cloisons légères, placards, portes coulissantes, rideaux offrent plusieurs partitions possibles.
La maison est ainsi presque vide. Mais le vide n’est pas ici l’absence, c’est un appel d’air. J’ai essayé de m’inspirer de l’idée asiatique selon laquelle le vide est plus important que le plein, les objets se décrivent plus par le vide qui les entoure que par leur propre silhouette.

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